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JUIN
2005
Catinou et Jacouti ne sont plus sur scène mais on les retrouvera très
bientôt en K7 et DVD
Jean Fabre que
les Trébéens ont maintes fois pu applaudir dans son interprétation du Jacouti a choisi Trèbes pour y vivre une retraite tout d’abord active,
puis aujourd’hui plus paisible. Cet ancien fonctionnaire de Police a
fait revivre par la bouche et sous les traits du Jacouti « lou patouès »
qui a accompagné notre jeunesse dans les propos de nos grands-parents.
Catalan d’origine, il a vécu jusqu’à sa 10 ème année dans un contexte où
seulement l’instituteur parlait français.
C’est à Quillan, alors qu'il s’étonne d’entendre parler la langue française au
quotidien, qu’il fait connaissance avec l’Occitan, pratiqué par les
anciens.
Immédiatement séduit par cette langue qui chante, il perd très vite son
accent catalan et trouve déjà un vif intérêt à la pratiquer en
dialoguant avec les aînés. Il découvre avec amusement l’usage des
surnoms, souvent liés à des particularités physiques ou à des traits de
caractère.
A 14 ans en
1945 sur les ondes de Radio Toulouse, il entend pour la première fois
« La Catinou » : ce personnage pittoresque qui parle en patois créé par
Charles Mouly. Sous le charme de ce langage, par lequel la moindre
plaisanterie prend une autre dimension et les grossièretés deviennent
boutades, il deviendra un auditeur fidèle de l’émission. « lorsque
devant ce succès radiophonique, la Catinou a été adaptée à la scène , je
ne manquais pas une représentation dès que la troupe se produisait près
de Quillan. Cela sans jamais penser qu’un jour … »
Jean Fabre exprime avec regret, la perte un peu plus chaque jour de
ces traditions par lesquelles les anciens transmettaient leurs savoirs
et leurs valeurs. « Les générations ne cohabitent plus comme avant,
la télé détruit les rapports humains et la cellule familiale. Le «
Cantou » par exemple ( ce rassemblement des plus âgés comme ont peut
encore le voir parfois à Trèbes , aux abord du pont du Canal ) se perd
de plus en plus et avec, cette tradition de donner des surnoms »
C’est à Malves, alors qu’il était président du Comité d’animation, que
ce nostalgique du passé, apprend qu’une troupe de théâtre amateur d’Alairac
propose dans son programme une interprétation de Catinou et Jacouti (
qui était limitée à ce moment à juste une petite partie du spectacle.
« je les ais fait venir et afin de meubler l’entracte, je me suis
mis à raconter des histoires ».
René Massé qui interprète le rôle de Catinou, s’est souvenu de cet
intermède et lorsque l’acteur qui jouait Jacouti a abandonné son rôle,
il l’a tout naturellement proposé à Jean.
Ce fut un tournant pour cette troupe qui présentait jusqu’alors un
théâtre très éclectique composé de divers thèmes. Rejoignant le souvenir
que Jean Fabre a conservé de ce qu’était la Catinou, cette compagnie
d’amateurs va créer un nouveau spectacle totalement axé sur ces deux
personnages bien de chez nous.
En 1994 est née la pièce « les élections
municipales »
Jean Fabre parle avec tendresse de ces personnages « Catinou a ce
que l’on appelle une forte personnalité, une de ces femmes que l’on
rencontrait dans nos campagnes et que l’on disait « porter le
pantalon ». Mais sous son aspect autoritaire on perçoit un être
attendrissant plein d’émotions et de sentiments comme la jalousie ou
l’inquiétude. Même si elle « rouspète » souvent contre son mari, elle
l’aime son Jacouti.
Lui, Le Jacouti il est lymphatique, "il ne faut pas remettre à demain
ce qu’un autre peut faire le jour même", quelque peu mythomane, il aime
bien « lever le coude », il dit d’ailleurs qu’il " boit pour oublier
qu’il boit". Mais il est beaucoup moins bête qu’il n’en a l’air et
manipule son monde pour suivre son petit bonhomme de chemin.
Très attaché à ce
personnage jean Fabre reconnaît avoir en commun avec lui, un même coté farceur.
D’autres truculents personnages contribuaient aux aventures de Catinou et d’autres comédiens amateurs ajoutaient par leur talent au
cocasse des situations. : la Phrasie , la patronne du café, le curé … et
même Batistou l’âne ( un vrai).
Cette troupe de bénévoles a offert durant de nombreuses années
d’inoubliables moments de revigorante gaieté par des dialogues dotés
d’un solide bon sens dignes du pur Pagnol Languedocien de « Lango nostro ».
D’ailleurs Charles Mouly le « papa » de Catinou ne s’y est pas trompé,
ayant entendu parlé de leur adaptation de son personnage a voulu les
rencontrer et les a « adoptés ». Son approbation, il l’a concrétisé par
une pièce qu’il a écrit tout spécialement pour ces artistes amateurs.
Jean Fabre et René Massé ont interprété sur scène ces deux truculents
personnages jusqu’en 2002.
En 2003 Jean Fabre a renfilé le costume du Jacouti, cette fois pour
l’immortaliser en vidéo. A ses cotés, c’est Georges Vaur alias Piroulet
(dont les anciens n’ont pas oublié le "match de « rugeby » à
Toulouse") qui a revêtu l’embonpoint de la Catinou. L’écriture de ce
scénario « la cloche de Minjécebos » (village natal du fameux couple)
est signé Charles Mouly. Il sera bientôt disponible en k7 et DVD. Et qui
sait... peut être un jour séduira-t-il les programmateurs de France 3.
En tout cas
jean Fabre conserve de merveilleux souvenirs de ces années sous les
traits du Jacouti et croyez nous, le patois et les boutades sont
toujours son quotidien, pour le plus grand plaisir de ceux qui le
côtoient |