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La
prière du troubadour
J'ai pleuré de Circé la flamme trop ardente.
Je n'étais pas Valmont, venant du pays d'Oc
Le pays bien connu d'une race innocente:
Le malheur d'une dame en son île ou son roc
Plus que tout la tourmente
Mais voici quelle plonge et pour moi seul ondule.
Fille de dieu sans père, elle aime Jupiter
Fût-il ce vil amant que son coeur dissimule
Et lui jetant deux seins gonflés comme la mer
Gifle l'idole nulle.
Saurai-je ramener la fillette aberrante
Accolée à ma barque en route vers le port?
O soulever le monde, exploit qui seul me tente!
Nous sommes deux, rappelle-toi, contre la mort:
Serai-je ton atlante

Les Cammazes
J'en connais un qui verra Carcassonne
Du haut du mont où mugit l'oliphant
Et celui-là sera-ce moi, l'enfant
De ce pays qui sous mon pas ressonne?
Va-t-il revoir la plus ardente plaine
Où paraît bleue une Gaule vaincue
Depuis que Rome y traça l'Avenue
Qu'elle nomme Route Flaminienne?
Prompt à ramper ainsi qu'une vipère
Sentant le lait , un sinueux chemin
Sombre arpenteur au bord d'un fier ravin
Va m'introduire au plus vieux nid d'Ibèrees.
J'en connais un , au bout de la rigole,
Qui dardera, parvenu près du but,
Un regard dur sur l'éternel début:
Le lieu natif que jamais ne s'envole
L'homme des bois qui jamais ne blasphème
Oui, celui-là que je connais si bien
Redevenu le simple paroissien
Qui sera-t-il: un parent ou moi-même? |